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   Fragments et canopées

L’arbre 


Canopées, feuillage éphémère, racines enlacées, sols moelleux, humus.

Un monde ouvert et un monde enfoui qui se répondent.


Entre les deux, la forme surgit, jamais stabilisée car « poussée » par les racines qui la nourrissent.
Elles y puisent dans la matière profonde l’énergie du sens.

Des appendices qui circulent en réseaux, se démultiplient pour mieux s’unir dans la poussée vers le haut.

Ici, tout se passe comme si les tensions devenaient être.

Comme si les luttes entre matière et racines ne relevaient que d’un vœu commun : édifier

Il s’agit de « ne pas forcer la matière, mais travailler avec », comme le dira Giuseppe Penone. Une construction préalable se donne avant même la quête de la racine. Mais celle-ci engage aussi une destruction, une altération de la matière pour y puiser et s’en nourrir. De ce cycle de transformation — construction, destruction, reconstruction — advient la forme, issue de l’ensemble de ces tensions.

L’axe émerge et impose sa verticalité, il manifeste ses émotions et affects en se ramifiant çà et là.

L’arbre « respire » selon sa diastole et sa systole qui déploient sa forme et la rétractent du printemps à l’hiver.

Son assise se creuse autant qu’elle croît.

La forme ne se donne pas, elle émerge. Elle se construit dans un entrelacs de relations entre le visible et l’invisible, le dedans et le dehors. Elle est à la fois enveloppe, passage et transformation.

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Fragment n°1 - Technique mixte, 76 cm X 54 cm

Fragment n° 2- Technique mixte, 76 cm X 54 cm

Fragment n°3 - Technique mixte, 54 cm X 54 cm

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